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EUR/USD : le diable se cache dans les détails — pourquoi l’euro n’a pas été soutenu par la « teinte verte » de l’inflation de la zone euro (CPI)
18:40 2026-09-01 UTC--4

La paire EUR/USD a de nouveau testé le niveau de support à 1,1580 (la ligne médiane de l’indicateur Bandes de Bollinger sur l’unité de temps D1) après une tentative infructueuse de consolidation dans la zone de la figure 16. Les vendeurs de l’EUR/USD avaient essayé de percer le seuil de 1,1580 dès vendredi, en réaction au discours retentissant du président de la Federal Reserve, Kevin Warsh, à Jackson Hole, ainsi qu’aux données révisées sur l’emploi. Malgré une chute impulsive des prix, les bears n’ont pas réussi à franchir cette barrière : la séance de vendredi s’est achevée au niveau de 1,1582. Lundi, les acheteurs ont repris la main sur la paire, portant le plus haut local à 1,1621. Cependant, même ce scénario haussier s’est rapidement essoufflé. Les données publiées mardi sur la croissance de l’inflation en zone euro y ont largement contribué. Ce rapport contradictoire n’a pas soutenu la monnaie européenne, mais a au contraire favorisé les vendeurs de l’EUR/USD.

À première vue, le rapport semble pourtant assez hawkish. L’inflation globale en août a accéléré à 3,3 % en glissement annuel, après une hausse à 2,9 % le mois précédent. L’indice s’est ainsi à nouveau maintenu au-dessus du seuil psychologique des 3 %, atteignant son plus haut niveau depuis septembre 2023. N’est-ce pas une raison de renforcer les attentes hawkish quant aux prochaines actions de la BCE ?

Cependant, comme le dit l’adage, le diable se cache dans les détails : la structure du rapport explique la réaction négative du marché (pour l’euro).

Le principal problème pour l’euro tient au fait que la composante énergétique explique presque à elle seule l’accélération de l’inflation globale au mois d’août. Le rythme de hausse des prix de l’énergie a accéléré à 14,3 % sur un an en août (contre 10,3 % en juillet). À titre de comparaison, les services, qui représentent la plus grande part du panier de consommation de la zone euro (environ 47 %), ont vu leur croissance ralentir à 3,0 %, contre 3,3 % précédemment. Les prix des biens industriels hors énergie sont passés de 0,9 % à 1,2 %, tandis que les prix de l’alimentation, de l’alcool et du tabac ont conservé leur rythme de hausse de juillet, à 1,2 %.

La dynamique de l’inflation sous-jacente est encore plus révélatrice. L’indice sous-jacent, qui exclut l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac, est tombé à 2,4 %, après 2,5 % précédemment. La plupart des analystes étaient convaincus que cet indicateur resterait au niveau de juillet en août.

Un indicateur plus large — excluant l’énergie et les produits alimentaires non transformés — a ralenti à 2,1 %. Ce chiffre est souvent qualifié d’inflation « sous-jacente », car il exclut non seulement les ressources énergétiques, mais aussi les produits alimentaires frais (légumes, viande, poisson), dont les prix dépendent largement de la saisonnalité et des conditions météorologiques.

Autrement dit, l’impulsion inflationniste dans la zone euro ne se diffuse (pour l’instant) pas de manière homogène dans l’économie : elle se concentre principalement dans le segment de l’énergie. Pour la Banque centrale européenne, il s’agit d’un élément important, voire décisif, car une pression inflationniste durable se manifeste en général davantage par la hausse des prix des services, des salaires et des autres composantes de la demande intérieure que par la hausse des prix du pétrole et du gaz. Ces facteurs peuvent maintenir l’inflation à un niveau élevé même après une stabilisation ou une baisse des prix de l’énergie. Si l’accélération de l’indice global des prix à la consommation est principalement imputable à un choc énergétique externe, la BCE peut considérer ce pic comme un effet temporaire plutôt que comme la preuve d’une pression inflationniste persistante dans l’économie.

C’est précisément pour cette raison que le marché n’a pas trouvé dans ce rapport de fondement suffisamment « concret » pour réviser ses anticipations en faveur d’un resserrement plus agressif du rythme de hausse des taux de la BCE.

En outre, une hausse des taux en septembre est déjà en grande partie intégrée dans les cours. Pour l’euro, ce qui importe donc davantage, ce n’est pas seulement le fait qu’une hausse soit décidée lors de la prochaine réunion, mais aussi les perspectives d’un resserrement monétaire supplémentaire. La structure du rapport permet à la BCE de se limiter à une seule hausse supplémentaire, tant que le choc énergétique tire l’inflation globale vers le haut sans entraîner d’accélération des tensions sur les prix sous-jacents.

Le rapport fait d’ailleurs écho aux données allemandes publiées lundi. L’inflation globale en Allemagne a accéléré de 2,8 % à 2,9 %, mais elle est restée inférieure à la prévision de 3 %. L’indice harmonisé est lui aussi ressorti en deçà des attentes, à 2,9 % contre une prévision de 3,1 %. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente est restée stable à 2,4 % et l’inflation dans le secteur des services a reculé de 2,9 % à 2,8 %. L’inflation alimentaire a ralenti de 0,4 % à 0,1 %. Le principal moteur de la hausse des prix en Allemagne a de nouveau été le secteur de l’énergie : les prix de l’énergie sont passés de 8,3 % à 10,5 %.

En d’autres termes, le rapport allemand a, en quelque sorte, servi de prologue aux données européennes plus larges. En Allemagne, nous avons observé une accélération de l’inflation globale, une stabilité de l’inflation sous-jacente et un ralentissement dans les services. Aujourd’hui, un tableau similaire se dessine à l’échelle de l’ensemble de la zone euro.

Au final, le rapport n’a pas constitué le moteur fondamental pour l’euro qu’il aurait pu être si l’accélération de l’inflation avait été de nature plus « qualitative ». La hausse de l’indice global des prix à la consommation reste étroitement liée à l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente et l’inflation des services continuent de diminuer. Par conséquent, le marché n’a pas intégré de trajectoire de hausse des taux plus agressive, ce qui a permis aux vendeurs de l’EUR/USD de reprendre l’initiative.

Et nous revenons ainsi au point de départ : le niveau de support à 1,1580, qui correspond à la ligne médiane des bandes de Bollinger sur l’horizon D1 (et simultanément sur W1). Les acheteurs d’EUR/USD ont perdu l’initiative, mais les vendeurs n’ont pas véritablement su en tirer parti, incapables de franchir cette barrière de prix. Il est judicieux d’envisager des positions vendeuses uniquement après une cassure nette des 1,1580 par les baissiers et une consolidation durable sous ce niveau. Dans ce cas, les prochains objectifs du mouvement descendant seront 1,1530 (la ligne Kijun-sen sur D1) et 1,1500 (la borne supérieure du nuage Kumo sur la même unité de temps). En revanche, si le niveau de support à 1,1580 tient bon, la paire devrait probablement revenir dans la zone 1,1620–1,1660 (les lignes médiane et supérieure des bandes de Bollinger sur H4).

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